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Protéger ses campagnes : éviter les fraudes et les faux comptes sur les réseaux sociaux

Mise à jour le 30 mars 2026

Tandis que les réseaux sociaux deviennent incontournables pour les TPE (vente, communication, recrutement), les escroqueries en ligne explosent. Parallèlement, les cybercriminels ciblent de plus en plus fréquemment les petites entreprises.

Un nouvel enjeu stratégique apparaît alors pour conserver la confiance de vos utilisateurs : protéger vos campagnes sur les réseaux, votre image de marque et les données de vos clients. Mais comment reconnaître ces menaces et vous en prémunir efficacement ?

Fraudes sur les réseaux sociaux : quelles sont les principales escroqueries et comment s’en protéger ?

Le phishing, hameçonnage et faux messages de support « officiel »

Le phishing (ou hameçonnage) consiste à vous faire croire qu’un message vient d’une plateforme officielle pour vous pousser à cliquer sur un lien suspect et voler vos identifiants.

Les messages avec un ton urgent ou menaçant, tel que : “Votre compte sera suspendu”, “Plainte pour droits d’auteur”, “Vérification obligatoire”, sont des exemples types de phishing.

Les bonnes pratiques pour s’en protéger

  • Ne cliquez jamais sur un lien reçu par message.
  • Passez toujours par l’application ou un numéro de téléphone officiel.
  • Sensibilisez-vous ou sensibilisez toute personne qui gère vos réseaux.
  • Mettez en place une procédure en cas de doute.

L'usurpation d’identité, la création de faux profils et faux comptes sur les réseaux sociaux

L’usurpation d’identité sur les réseaux sociaux consiste à créer de faux comptes ou de faux profils sur les plateformes de réseaux sociaux qui imitent votre entreprise. Ces comptes utilisent exactement le même nom, ou une légère variation (ajout d’un point, d’un underscore (tiret), d’un chiffre…), afin de faire croire qu’il s’agit d’un compte officiel.

Le but ? Tromper les utilisateurs et leur soutirer de l’argent, des informations personnelles ou détourner leur confiance, en se présentant comme le “service client”, le “support” ou un “conseiller”.

Ces profils “clones” sur Facebook, Instagram ou LinkedIn (avec peu d’abonnés mais utilisant vos visuels officiels) peuvent même répondre aux commentaires de vos publications avec de faux liens de paiement, de faux formulaires ou des messages frauduleux de type “contactez notre support ici”.

Enfin, certaines usurpations sont plus discrètes : des comptes aux noms complètement différents qui réutilisent vos posts, photos ou vidéos, parfois mot pour mot. Le but est de gagner en visibilité facilement en capitalisant sur votre contenu, ou de rediriger leur audience vers des offres frauduleuses, tout en créant de la confusion autour de votre marque.

Les bonnes pratiques pour s’en protéger

  • Vérifier la disponibilité du même identifiant sur plusieurs réseaux (Facebook, Instagram, LinkedIn, X, TikTok etc.), éventuellement via des outils comme Namechk ou Knowem qui testent un nom d’utilisateur sur des dizaines de plateformes en une fois.
  • Créer les comptes même si vous ne comptez pas les animer tout de suite, afin de sécuriser le nom d’utilisateur et éviter qu’il soit pris par un tiers. Vous pouvez ainsi “réserver” vos noms de comptes officiels sur les principales plateformes gratuitement.
  • Afficher clairement vos comptes officiels sur votre site, vos devis et vos signatures d’e-mail.
  • Formaliser clairement votre identité officielle.
  • Surveiller chaque semaine les homonymes et variantes de votre nom.

Le piratage de comptes, les accès frauduleux et les vols de mots de passe

Le piratage de comptes correspond à la prise de contrôle de vos comptes sociaux ou publicitaires par des cybercriminels. Celle-ci se fait le plus souvent par le vol de mots de passe, via des techniques de phishing ou par l’installation de logiciels malveillants sur vos appareils.

Une fois les accès compromis, les pirates peuvent modifier vos campagnes publicitaires existantes, créer de fausses publicités imitant votre activité ou publier du contenu frauduleux en votre nom : fausses offres commerciales, faux témoignages clients, liens piégés. Dans certains cas, ils vont jusqu’à demander une rançon pour vous restituer l’accès à vos comptes.

Ces actions ont un impact immédiat sur votre e-réputation et nuisent fortement à la confiance des consommateurs, qui associent ces contenus frauduleux à votre entreprise.

Certains signaux doivent vous alerter sans délai :

  • vous ne pouvez plus vous connecter à vos comptes,
  • votre adresse e-mail de récupération a changé sans votre intervention,
  • des publicités ou des publications apparaissent sans votre accord, en votre nom,
  • des avis négatifs suspects apparaissent en masse sur une courte période,
  • des vidéos truquées ou des montages sont diffusés en se faisant passer pour votre entreprise.

Les bonnes pratiques pour s’en protéger

  • Activez la double authentification (2FA) partout, sur les réseaux sociaux comme sur les comptes publicitaires : cette mesure ajoute une étape de vérification supplémentaire lors de la connexion (code reçu par SMS par exemple), ce qui empêche un pirate d’accéder à vos comptes même s’il a récupéré votre mot de passe.
  • Utilisez un gestionnaire de mots de passe pour créer des mots de passe longs, uniques et complexes pour chaque plateforme.
  • Ne partagez jamais vos accès par e-mail ou messagerie, même avec des collaborateurs ou prestataires.
  • Supprimez immédiatement les accès des anciens collaborateurs ou prestataires qui n’ont plus à intervenir sur vos comptes.
  • Vérifiez régulièrement l’historique des connexions afin de repérer toute activité inhabituelle.
  • Configurez des alertes de sécurité pour être informé en temps réel des connexions ou modifications suspectes.

Les fraudes publicitaires

Les fraudes publicitaires reposent principalement sur des systèmes de clics frauduleux qui consomment votre budget sans générer de vrais prospects. Ces clics peuvent provenir de robots ou d’acteurs malveillants cherchant à épuiser vos campagnes.

Plusieurs indices doivent attirer votre attention :

  • une augmentation soudaine des clics sans conversions,
  • des publicités actives que vous n’avez pas créées,
  • des changements de destination des liens vers des pages inconnues ou suspectes.

Les bonnes pratiques pour s’en protéger

  • Limitez les droits administrateurs à une ou deux personnes de confiance maximum.
  • Fixez des plafonds de dépenses.
  • Vérifiez systématiquement les prestataires et les accès qu’ils demandent.
  • Surveillez vos indicateurs au moins deux fois par semaine : clics, conversions, coûts et paramètres de diffusion.

Quels impacts les fraudes et les arnaques en ligne ont-elles sur les TPE ?

Les cyber-arnaques, fraudes sur les réseaux sociaux et tentatives de phishing ont des impacts durables et difficiles à rattraper pour les TPE. Le premier risque est financier : détournement de budget publicitaire, paiements frauduleux, rançons, voire vol de coordonnées bancaires.

Ces attaques entraînent aussi une atteinte directe à votre réputation et à votre e-réputation. Lorsqu’un faux compte ou une fausse publicité utilise votre nom, la confiance des clients est fragilisée, ce qui peut provoquer une perte de clients, une baisse de crédibilité et un ralentissement des ventes et du dynamisme commercial.

Enfin, l’exploitation de données personnelles (e-mails, numéros de téléphone, informations sensibles) peut engager votre responsabilité juridique.

Bon à savoir

Certaines victimes peuvent déposer plainte pour négligencedéfaut de sécurisation, ou engager des actions liées au Règlement général sur la protection des données (RGPD), si elles estiment que votre présence en ligne n’était pas suffisamment protégée.

Que faire si vous êtes victime d’une fraude ou d’une escroquerie en ligne ?

Pour limiter les dégâts en cas de fraude en ligne, d'arnaque sur les réseaux sociaux ou de tentative de phishing qui touche votre entreprise, agissez rapidement.

Les étapes à suivre en cas de fraude

  1. Sécurisez vos comptes : changez immédiatement vos mots de passe, activez ou renforcez la double authentification (2FA) et révoquez tout accès suspect. Si le cybercriminel a déjà pris possession du compte, contactez sans délai le support de la plateforme concernée pour le signaler et demander sa récupération.
  2. Collectez les preuves : captures d'écran, URLs, dates, messages reçus, profils frauduleux sont des éléments indispensables pour les signalements et les démarches ultérieures.
  3. Informez rapidement la plateforme concernée (Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok…) via leurs outils de signalement de faux comptes, d'usurpation d'identité ou de publicité frauduleuse.
  4. Informez vos clients ou utilisateurs concernés pour éviter le bad buzz et préserver votre réputation.

Comment signaler une fraude en ligne, un site internet frauduleux ou une cyber arnaque (Pharos) ?

En France, vous pouvez effectuer un signalement sur la plateforme officielle Pharos pour les contenus illicites : escroquerie, hameçonnage, faux sites ou messages frauduleux.

Comment déposer une plainte en ligne et à qui s’adresser ?

Si le préjudice est important, déposez une plainte en ligne via les plateformes officielles comme THESEE (pour les escroqueries numériques). Vous pouvez aussi appeler le 17, vous rendre dans un commissariat de police, ou contacter directement le procureur de la République.

La sécurité numérique est une partie souvent sous-estimée mais pourtant essentielle de l'expérience client. Quand vous offrez une présence digitale sécurisée , vous inspirez confiance et rassurez vos prospects.

Dans ce contexte, la prévention et l’information restent votre meilleur levier. Pour aller plus loin et structurer votre développement digital, dont votre présence en ligne, retrouvez tous nos conseils pratiques en consultant notre Livre Blanc sur la digitalisation des TPE.

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Fraude sur les réseaux sociaux : pour aller plus loin

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